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Panorama EditorialPastoralisme et enjeux sanitaires

Editorial Posté sur 2019-02-27 09:01:33

Pastoralisme et enjeux sanitaires

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Au-delà de l’image idéalisée des caravanes, on oublie trop souvent que le pastoralisme a permis la découverte puis l’exploitation de nouveaux territoires. Aujourd’hui, le pastoralisme reste encore une pratique importante pour les habitants des terres arides ou semi-arides, des steppes et des zones montagneuses. Il faut ainsi souligner la relation interdépendante entre les éleveurs, leurs troupeaux et les milieux exploités, qui en fait un mode unique de production.

L’élevage nomade et transhumant fait vivre plus de 150 millions de personnes dans les régions arides et montagneuses (1). C’est pourquoi, même si les politiques agricoles se sont surtout intéressées au développement de systèmes modernes de production animale afin de nourrir une population urbaine en croissance exponentielle, le pastoralisme doit être préservé. Il doit être préservé en tant que culture ; il doit être préservé en tant que système de production résilient face à des conditions climatiques et environnementales sévères dans des régions où les alternatives sont quasiment inexistantes ; il doit être préservé car il peut encore être un avenir pour les jeunes de ces régions.

Malheureusement, les populations pastorales sont rarement prises en compte par les services publics. De plus, durant ces dernières années, certaines zones d’élevage pastoral sont devenues socialement instables, faute de représentation politique et de perspectives économiques viables.

Distribution de médicaments vétérinaires, réalisation de campagnes de vaccination, opérations de déparasitage…

Qu’ils soient éleveurs de bovins en région sahélienne, ou de dromadaires au Moyen-Orient, de yacks dans les steppes de Mongolie, ou de petits ruminants, la bonne santé du troupeau est leur préoccupation quotidienne car les animaux représentent tout le patrimoine familial. Ceci nécessite notamment que des services de santé puissent être accessibles : distribution de médicaments vétérinaires, réalisation de campagnes de vaccination, opérations de déparasitage, etc.

L’OIE ne peut donc pas se désintéresser des difficultés sanitaires auxquelles sont confrontées tant de familles pastorales. C’est avec enthousiasme que nous sommes notamment impliqués dans le Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS) soutenu par la Banque mondiale en Afrique de l’Ouest. Mais notre engagement pour le contrôle et l’éradication de certains fléaux tels que la peste des petits ruminants est également une contribution à la protection des troupeaux, et donc des moyens d’existence des familles.

Pour ce deuxième numéro du Panorama de l’OIE, nous aurions pu choisir tant d’autres sujets. Je suis cependant heureuse de donner la parole à ceux qui se consacrent à construire un avenir meilleur pour les millions de pasteurs à travers le monde. Qu’ils en soient remerciés.

Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture, en espérant que vous apprécierez ce nouveau format des publications de l’OIE.

Monique Éloit
Directrice générale
Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

http://dx.doi.org/10.20506/bull.2018.2.2863

 

(1) Source : CIRAD

Informations relatives à l'article

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