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Panorama Autour du mondeRéunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose

Autour du monde Posté sur 2019-05-21 17:02:25

Réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose

Son importance pour la tuberculose bovine et zoonotique

Auteurs

Paula I. Fujiwara(1)* & Francisco Olea-Popelka(2)

(1) Directrice scientifique, Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, Paris (France).
(2) Chargé de cours, Department of Clinical Studies, College of Veterinary Medicine & Biomedical Sciences, Colorado State University, Fort Collins, Colorado (États-Unis d’Amérique).

* Contact auteurs : pfujiwara@theunion.org

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En septembre 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies a organisé une réunion de haut niveau sur la tuberculose, la plus meurtrière des maladies infectieuses dans le monde à l’heure actuelle. Les chefs d’État et de gouvernement ont entériné une déclaration politique qui servira de cadre général aux actions à mener sur la tuberculose, notamment la forme bovine et la forme zoonotique causées par Mycobacterium bovis. Cette déclaration constituera le cœur des actions à conduire pour en finir avec la tuberculose d’ici à 2030.
Chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies convoque les chefs d’État et de gouvernement pour discuter des solutions à apporter à un certain nombre de problèmes. Ces représentants approuvent ensuite des déclarations politiques sur les thèmes en question, qui servent de cadre général aux actions à mener. 

Le 26 septembre 2018, les Nations Unies ont tenu une réunion de haut niveau sur la tuberculose, la plus meurtrière des maladies infectieuses dans le monde à l’heure actuelle [1]. Cette réunion de haut niveau représentait l’aboutissement d’un travail de près de deux ans proposé dès décembre 2016.

Le Partenariat « Halte à la tuberculose » et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) étaient chargés de coordonner les différentes contributions à la déclaration politique, et les membres de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (L’Union) étaient chargés de développer les cinq actions prioritaires de la « communauté de la tuberculose », à inclure dans la déclaration politique développée par les missions des Nations Unies dans les pays. Ces actions sont les suivantes [2] :

  1. Atteindre toutes les personnes affectées par la tuberculose en comblant les lacunes dans le dépistage, le traitement et la prévention
  2. Transformer la riposte à la tuberculose de façon à la rendre équitable, basée sur les droits humains et centrée sur les personnes
  3. Accélérer le développement de nouveaux outils essentiels pour mettre fin à la tuberculose
  4. Investir les fonds nécessaires pour mettre fin à la tuberculose.
La tuberculose bovine et la tuberculose zoonotique ont été incluses dans la déclaration politique des Nations Unies

La tuberculose bovine et la tuberculose zoonotique (causées par Mycobacterium bovis) ont été incluses dans la déclaration, sur la base de deux argumentaires essentiels :

  1. La quatrième édition du Plan mondial pour éliminer la tuberculose (TB) : le changement de paradigme 2016–2020 a identifié les principales populations à risque, notamment les personnes vivant et travaillant avec le bétail [3].
  2. L’alliance tripartite composée de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a collaboré avec l’Union pour produire en 2017 la Feuille de route pour la tuberculose zoonotique, une approche multisectorielle basée sur la reconnaissance préalable par le Groupe consultatif stratégique et technique de l’OMS de la tuberculose zoonotique en tant que priorité [4].

L’existence de ces deux documents a convaincu les missions des Nations Unies d’inclure la tuberculose bovine et la tuberculose zoonotique dans la déclaration politique.

Les paragraphes 5 et 17 des 16 pages de la déclaration politique [5] rappellent les deux points essentiels concernant la tuberculose bovine et la tuberculose zoonotique :

Paragraphe 5. « Sommes conscients qu’à haut niveau, d’autres engagements et d’autres appels à des mesures d’intervention, notamment en matière de tuberculose multirésistante et zoonotique, ont été pris et lancés récemment par des organes et des réunions à l’échelle mondiale, régionale et sous-régionale, dont le Sommet de Delhi pour mettre fin à la tuberculose qui s’est tenu du 12 au 17 mars 2018. »

Paragraphe 17. « Sommes conscients des incidences économiques et sociales considérables, souvent catastrophiques, et du fardeau de la tuberculose pour les personnes atteintes de cette maladie, leurs foyers et les populations concernées, et que le risque et les effets de la tuberculose peuvent varier suivant les conditions démographiques, sociales, économiques et environnementales, et, afin de rendre possible l’élimination de la tuberculose, accordant la priorité, selon qu’il convient, notamment par la participation des collectivités et de la société civile et d’une manière non discriminatoire, aux groupes à haut risque et aux autres personnes qui sont vulnérables ou dans des situations de vulnérabilité, telles que les femmes et les enfants, les populations autochtones, les agents de soins de santé, les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées dans leur propre pays, les personnes vivant dans des situations d’urgence complexe, les détenus, les personnes vivant avec le VIH, les toxicomanes, en particulier les usagers de drogues par injection, les mineurs et autres personnes exposées à la silice, les pauvres des zones urbaines et rurales, les populations mal desservies, les personnes sous-alimentées, les personnes exposées à l’insécurité alimentaire, les minorités ethniques, les populations et les collectivités exposées à la tuberculose bovine, les personnes diabétiques, les personnes souffrant de handicaps mentaux et physiques, les personnes présentant des troubles liés à la consommation d’alcool, et les personnes qui consomment du tabac, notant la prévalence plus élevée de la tuberculose parmi les hommes. »

La reconnaissance par les Nations Unies de l’importance de la tuberculose en tant que cause majeure de morbidité et de mortalité servira à dynamiser la communauté tout entière concernée par la tuberculose, y compris les personnes qui s’intéressent au problème des formes zoonotique et bovine de la maladie.

Deux articles parus en 2018, l’un dans la revue Frontiers in Public Health [6], l’autre dans The Lancet : Infectious Diseases [7], ont souligné les actions pratiques qui doivent être menées dès maintenant et jusqu’en 2025 dans le cade de la Feuille de route pour la tuberculose zoonotique, afin « d’améliorer les données scientifiques, de réduire la transmission à l’interface animal-homme et de renforcer les approches intersectorielles et collaboratives ».

Le 4 octobre 2018, la réunion des Ministres de la Santé du G20 à Mar del Plata (Argentine) a donné lieu à la rédaction d’une déclaration de leur part, dans laquelle ils reconnaissent la contribution de la Tripartite pour faire face aux menaces que représentent les maladies zoonotiques, améliorer les capacités du secteur de la santé animale et mettre en œuvre l’approche multisectorielle « Une seule santé » pour accélérer la sécurité sanitaire [8].

Enfin, lors de la Septième Conférence Internationale sur Mycobacterium bovis (M. bovis 2020) qui se tiendra à Galway (Irlande), il sera question de souligner et de discuter encore des enjeux qui subsistent à propos de la tuberculose zoonotique, ainsi que des possibilités à envisager si nous voulons réussir les missions importantes définies dans la Feuille de route pour la tuberculose zoonotique.

Le mouvement prend peu à peu de l’ampleur. L’heure est venue de reprendre les termes de la déclaration politique des Nations Unies et de les utiliser comme point de départ pour que les communautés humaine et vétérinaire se réunissent afin de mettre un terme à la tuberculose d’ici à 2030, comme le stipule l’Objectif de développement durable n° 3, « Bonne santé et bien-être » [9].

http://dx.doi.org/10.20506/bull.2019.1.2930

 

Références

  1. Organisation mondiale de la santé (OMS) (2018). – Rapport sur la lutte contre la tuberculose dans le monde.
  2. Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), Partenariat Halte à la tuberculose (2018). – Mettre fin à l’épidémie de tuberculose. Actions prioritaires pour les chefs d’Etat et de gouvernement.
  3. Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), Partenariat Halte à la tuberculose (2018). – Le plan mondial pour éliminer la tuberculose (TB) : le changement de paradigme 2016–2020.
  4. Organisation mondiale de la santé (OMS), Organisation mondiale de la santé animale (OIE) & Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) (2017). – Feuille de route pour la tuberculose zoonotique.
  5. Organisation des Nations Unies (ONU) (2018). – Déclaration politique issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la lutte contre la tuberculose. Assemblée générale des Nations Unies, New York, 26 septembre 2018.
  6. Olea-Popelka F. & Fujiwara P.I. (2018). – Building a multi-institutional and interdisciplinary team to develop a zoonotic tuberculosis roadmap. Front. Public Health, 6 (Art 167). https://doi.org/10.3389/fpubh.2018.00167.
  7. Dean A.S., Forcella S., Olea-Popelka F., El Idrissi A., Glaziou P., Benyahia A., Mumford E., Erlacher-Vindel E., Gifford G., Lubroth J., Raviglione M. & Fujiwara P. (2018). – A roadmap for zoonotic tuberculosis: a One Health approach to ending tuberculosis. Lancet Infect. Dis., 18 (2), 137–138. https://doi.org/10.1016/S1473-3099(18)30013-6.
  8. University of Toronto (2019). – Declaration. G20 Meeting of Health Ministers, 4 October 2018, Mar del Plata, Argentina.
  9. Organisation des Nations Unies (ONU), Plateforme d’information sur les objectifs de développement durable. – Sustainable Development Goal 3

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