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Panorama DossierPartenariats public–privé : au cœur de la surveillance en santé animale

Dossier Posté sur 2020-01-14 16:00:44

Partenariats public–privé : au cœur de la surveillance en santé animale

Auteurs

Marisa Peyre, Unité Animal, Santé, Territoires, Risques, Écosystèmes (ASTRE), Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), Montpellier (France).

Les désignations et dénominations utilisées et la présentation des données figurant dans cet article ne reflètent aucune prise de position de l’OIE quant au statut légal de quelque pays, territoire, ville ou zone que ce soit, à leurs autorités, aux délimitations de leur territoire ou au tracé de leurs frontières.
Les auteurs sont seuls responsables des opinions exprimées dans cet article. La mention de sociétés spécifiques ou de produits enregistrés par un fabricant, qu’ils soient ou non protégés par une marque, ne signifie pas que ceux-ci sont recommandés ou soutenus par l’OIE par rapport à d’autres similaires qui ne seraient pas mentionnés.

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Dans cet article, nous proposons de considérer la surveillance des maladies animales comme un partenariat public–privé où des acteurs publics et privés partagent ressources, responsabilités et risques pour répondre à un objectif commun, le contrôle des maladies animales, et obtenir des bénéfices mutuels.
La surveillance des maladies animales consiste, dans la plupart des cas, à collecter en continu des données auprès d’acteurs privés (éleveurs, vétérinaires privés) afin d’informer des décideurs publics (Services vétérinaires) en vue d’une action (investigation sur foyer, mesures de contrôle, etc.). Le secteur privé joue donc un rôle central dans la surveillance et la gestion des maladies animales à l’échelle locale, mais avec des interactions souvent limitées, en pratique, avec les systèmes de surveillance nationaux.

Des systèmes de surveillance parallèles

Dans la majorité des pays du Sud, des systèmes de surveillance privés opèrent en parallèle des systèmes officiels publics, en raison d’un manque de collaboration et d’une confiance limitée entre les secteurs [1]. La situation est différente dans les pays du Nord, où le secteur public, représenté par l’État, donne un mandat au secteur privé pour mettre en œuvre la surveillance sanitaire, illustrant ainsi un type de partenariat public–privé « gagnant–gagnant ». Cependant, ce type de partenariat manque parfois de transparence et de coopération et pourrait être lui-même renforcé [2]. Il est donc essentiel d’améliorer les liens entre la surveillance opérée par le secteur privé et celle opérée par le secteur public [3].

Une prise en compte limitée des contraintes et des besoins des différents acteurs

Il est indispensable de prendre davantage en considération les contraintes et les besoins des acteurs impliqués dans la surveillance, afin d’encourager leur engagement et d’améliorer les systèmes de surveillance.

En Indonésie, le système iSIKHNAS de surveillance en santé animale a été développé en concertation avec les acteurs locaux, et il est centré sur leurs besoins. iSIKHNAS est non seulement performant, avec plus de cinq millions d’utilisateurs volontaires, mais également pérenne, car son modèle économique est basé sur un partenariat public–privé avec des engagements concrets et une prise de risque partagée entre le secteur public et le secteur privé.

L’initiative Global Burden of Animal Diseases (GBADs), soutenue par l’OIE [4], représente une opportunité intéressante pour prendre en compte les contraintes et les besoins des acteurs privés et des acteurs publics impliqués dans la surveillance, et renforcer ces liens à plus large échelle.

http://dx.doi.org/10.20506/bull.2019.3.3044

Références

  1. Bisdorff B., Schauer B., Taylor N., Rodríguez-Prieto V., Comin A., Brouwer A., Dórea F., Drewe J., Hoinville L., Lindberg A., Avilés M.M., Martínez-López B., Peyre M., Ferreira J.P., Rushton J., Schaik G.V., Stärk K.D.C., Staubach C., Vicente-Rubiano M., Witteveen G., Pfeiffer D. & Häsler B. (2016). – Active animal health surveillance in European Union Member States: gaps and opportunities. Epidemiol. Infect., 145 (4), 802–817. https://doi.org/10.1017/S0950268816002697.
  2. Delabouglise A., Dao T.H., Truong D.B., Nguyen T.T., Nguyen N.T.X., Duboz R., Fournié G., Antoine-Moussiaux N., Grosbois V., Vu D.T., Le T.H., Nguyen V.K., Salem G. & Peyre M. (2015). – When private actors matter: information-sharing network and surveillance of Highly Pathogenic Avian Influenza in Vietnam. Acta Trop. 147, 38–44. https://doi.org/10.1016/j.actatropica.2015.03.025.
  3. Figuie M., Peyre M.I. & Binot A. (2013). – Surveillance of infectious animal diseases in Southeast Asia. Promoting the multiplicity of information networks. Perspective, 23 (1–4). https://doi.org/10.19182/agritrop/00040.
  4. Rushton J., Bruce M., Bellet C., Torgerson P., Shaw A., Marsh T., Pigott D., Stone M., Pinto J., Mesenhowski S. & Wood P. (2018). – Initiation of Global Burden of Animal Diseases Programme (GBADs). Lancet, 392 (10147), 538–540. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31472-7.
  5. Delabouglise A., Antoine-Moussiaux N., Phan T.D., Dao D.C., Nguyen T.T., Truong B.D., Nguyen X.N.T., Vu T.D., Nguyen K.V., Le H.T., Salem G. & Peyre M. (2015). – The perceived value of passive animal health surveillance: The case of highly pathogenic avian influenza in Vietnam. Zoonoses Public Hlth, 63 (2), 112–128. https://doi.org/10.1111/zph.12212.

Informations relatives à l'article

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